30 milliards pour les banques : « un nouveau cadeau »

161156579Les banquiers reçus à l’Élysée vendredi 19 juillet dernier ont de quoi se féliciter. Leur lobbying a fonctionné.

Alors que le crédit bancaire aux entreprises est rationné (-2 % entre avril 2012 et avril 2013 des encours de crédits aux entreprises), le gouvernement vient d’annoncer un transfert de 30 milliards d’euros sur la collecte de l’épargne réglementée, notamment le Livret A servant au financement du logement social, au bénéfice des banques, si celles-ci s’engagent à financer les crédits des PME.

Cette annonce est faite au moment même où le projet de loi sur le logement, débattu à l’Assemblée, va mettre à contribution les locataires du logement social pour soutenir les organismes du logement social étranglés financièrement par des crédits à la construction trop cher et des subventions publiques en baisse.

La démarche du gouvernement est choquante.

L’argument qui consiste à dire qu’elles n’auront pas les moyens d’honorer les demandes de crédits auxquelles elles devront faire face en cas de reprise est honteux. Les banques françaises ont un niveau d’actifs équivalent à 4 fois le PIB (8 000 Mds d’euros). Elles ont bénéficié avec toutes les banques européennes de 1000 milliards d’euros de prêts par la BCE en 2012, pour relancer l’investissement, qu’elles ont rapidement investis sur les marchés financiers !

Les subventionner sans contreparties réelles par des fonds destinés au développement social et censés financer l’économie réelle, même si elle moins rentable que le placement sur les marchés, revient à les encourager à poursuivre dans cette voie. C’est un nouveau cadeau fait aux banques.

Les banques n’ont donc pas d’inquiétude à se faire. Non seulement les réglementations prudentielles et fiscales qui leurs sont imposées en réponse à la crise financière, ne leur coûtera pas un centime, mais l’État prendra aussi en charge à leur place tous les coûts induits d’investissements potentiels à venir dans l’économie réelle.

En réalité, le gouvernement n’attend pas des banques du pays un engagement dans la croissance réelle. Cette recapitalisation bancaire sur fonds public montre bien qu’il est en train de leur rendre grassement ce qu’il fait mine de leur retirer publiquement.

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