Vie et mort d’André Vagneron (L’est Républicain 04/07/2013)

André Vagneron, en juin 2012, pour la sortie de son livre sur son engagement communiste. Edité par Les Cahiers de la Maison du Peuple , institution chère à son père Georges. Photo d'archives Ludovic LAUDE

André Vagneron, en juin 2012, pour la sortie de son livre sur son engagement communiste. Edité par Les Cahiers de la Maison du Peuple , institution chère à son père Georges. Photo d’archives Ludovic LAUDE

L’infatigable militant communiste, qui fut adjoint de Robert Schwint, est décédé hier. Il avait 87 ans.

SA SANTÉ lui aura joué de vilains tours, toutes ces dernières années. Une nouvelle aggravation a nécessité son hospitalisation, il y a deux semaines.

Il avait pu regagner sa maison de Thise où il habitait depuis moins de 5 ans, tout près de sa fille Marianne. Mais hier, un arrêt cardiaque l’a emporté.

Georges Vagneron aurait eu 88 ans en août prochain. Avec lui disparaît une des figures marquantes de la vie politique bisontine. Celles, surtout, des années 70 et 80. S’en est allé aussi, selon l’expression consacrée, un communiste « historique ». Resté toujours fidèle à son idéal, une société plus juste.

Il laisse sa tendre épouse au prénom si charmant, Mauricette, qui partageait sa vie depuis 66 ans. Il laisse aussi leurs deux filles, leur fils, leurs six petits-enfants.

« Vagneron » (on l’appelait souvent par son seul nom, en raison de sa notoriété) a toujours beaucoup lu la presse. « L’Huma », bien sûr, mais aussi, entre autres, notre journal, qu’il disséquait avec sévérité, ou bienveillance, c’est selon. Il le confiait volontiers, il aurait aimé devenir journaliste, non pas politique, mais sportif. Par passion pour cet univers. Les circonstances (dont son origine sociale modeste), en ont décidé autrement.

Alors il fut « instit’», de 1944 à 1980. Et il le fut bien. Il « collectionna » les classes, dans pas moins de… 40 écoles. En poste dans sa chère ville, Besançon (il habita très longtemps chemin de Vieilley, au-delà de Palente), à Battant, entre autres. Et à Morteau, la cité de feu Robert Charles, son frère d’armes au PCF.

« Le parti », parlons-en. Il y fut encarté de 1947 à 1988, un sacré bail. Au début, militant discipliné, ne songeant pas à remettre en cause la ligne encore très stalinienne de la place du Colonel-Fabien. Puis un peu, beaucoup, très… critique. Jusqu’à se faire exclure. Oh, pas tout seul. En 1988, le Comité central dissout toute la fédération communiste du Doubs, et hop !

Mais le mot « communiste », il ne l’a jamais renié. Il a fini par retrouver les « camarades », au sein du Front de gauche, lors des campagnes électorales de 2012.

Un hommage samedi

Georges Vagneron fut un des hommes clefs de l’union de la gauche à Besançon, soutien dès le premier tour de feu le socialiste Robert Schwint lors de sa conquête de la mairie, en 1977. Ce qui lui valut d’être adjoint, aux sports notamment (tiens, tiens…).

À ce stade, impossible de ne pas citer la plaisanterie de l’ancien arbitre Michel Vautrot, qui aimait à taquiner « André » pour ses… trois cartons rouges. Car trois fois, Robert Schwint lui retira sa délégation d’adjoint, la cause principale étant son refus de voter le budget municipal. Pas assez social à son goût.

Comme élu, il fut à l’origine du tarif dégressif des cantines scolaires, disposition encore valable aujourd’hui.

« Il fut de toutes les luttes, celles des Rhodia, des Lip », souligne « Yoyo » Maurivard, ex-PC comme lui. « Il admirait beaucoup son père Georges, militant CGT, ouvrier du bâtiment, cofondateur de la Maison du peuple, rue Battant. Comme élu, il eut le souci constant d’aider les plus pauvres, par exemple avec la mise en place de centres aérés pour leurs gosses », ajoute « Yoyo ».

André Vagneron fut aussi membre actif du Secours populaire et du MRAP (le mouvement antiraciste).

Joël MAMET

Un hommage civil lui sera rendu ce samedi 6 juillet, à 15 h, au gymnase Jean-Zay. Le maire Jean-Louis Fousseret invitera le conseil municipal à observer une minute de silence, lors de la séance de ce jeudi, à 17 h.

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