Front de gauche « Dire au FN ses quatre vérités en face » (Journal L’Humanité 07/02/12)

Jeune militant du Front de gauche du Doubs, Vincent Adami a fait face à Marine Le Pen, se déclarant défenseur des ouvriers devant l’usine Peugeot à Sochaux-Montbéliard.

V incent Adami la joue modeste, et pourtant il a été fortement applaudi lors de la conférence débat de vendredi. Lors de la visite de la candidate du FN à la porte de l’usine Peugeot de Sochaux-Montbéliard, le 18 janvier dernier, l’ouvrier lui a tenu la dragée haute. Invité par le Front de gauche, comme un symbole de ce « combat sur le terrain », le jeune homme de trente et un ans, « issu d’une vieille lignée de communistes montbéliardais », rappelait l’Est républicain en rendant compte de l’altercation, appelait à « ne pas laisser la seule parole médiatique à Marine Le Pen ».

« Quand on a appris qu’elle venait, on a hésité. On ne voulait pas de problème, se remémore-t-il. Et puis on s’est dit qu’on n’allait pas lui laisser la place. » Le jour même, les militants du Front de gauche se placent à l’entrée principale de l’usine. « Au bout de dix minutes, Marine le Pen arrive avec une vingtaine de militants du FN. » Au début, chacun de son côté. « Et puis elle est venue se placer à côté de nous, enchaînant son couplet de défense des ouvriers. » Là, Vincent n’y tient plus. « J’ai eu une réaction épidermique. » Il ne fallait pas laisser croire qu’elle était seule à s’adresser à l’électorat populaire et ouvrier. C’est pour « démontrer cette escroquerie » que la confrontation s’est engagée.

« C’est drôle, vous vous dites proche des ouvriers, mais où sont vos militants en temps normal ? On ne les voit jamais. Où étaient-ils lors du combat sur les retraites ? » Avisant l’autocollant PCF fièrement arboré sur sa poitrine, la candidate FN entonne alors un air connu : « Vous croyez parler au nom des ouvriers ? » Le militant ne se démonte pas : « Ce n’est pas une héritière qui va me dire ça. » Elle évoque son grand-père marin pêcheur, pour mieux glorifier son père, qui, parti de là, est « devenu ce qu’il est devenu aujourd’hui ». « En héritant de quelques millions au passage », complétait alors Vincent, qui n’a pas oublié que c’est sur la sueur des ouvriers des ciments Lambert que s’est construite la fortune des Le Pen.

Aujourd’hui, il en sourit, mais son geste pourrait avoir fait sauter un blocage : « Il suffit de prendre son courage à deux mains, dit-il. Ces gens-là sont à notre portée : il ne faut pas avoir peur de leur dire leurs quatre vérités en face. »

G. M.

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