Le bois dont on fait les flûtes : Bien faire et laisser braire

(Photo : Place au peuple - Flickr - cc)

L’actualité du candidat Front de gauche….

L’actualité qui m’a percuté m’a poussé à reporter la publication de ce que j’ai déjà écrit sur l’actualité internationale. J’y viendrai demain ou après-demain. Quand à la politique de la droite UMP ou de la Marine Le Pen, cette fois-ci je réserve mon analyse au déplacement que je vais faire trois jours durant en Bretagne en fin de semaine. Ici donc, il est question de Danielle Mitterrand. D’une nouvelle composante de l’autre gauche qui intègre notre campagne. De l’accord Vert-PS, cette grande réussite humaine et politique de notre « prochain président ». Puis de la politique économique que Michel Sapin a révélé. Notez qu’il n’a pas fait couler un gramme d’encre des commentateurs ni des bonnes consciences de « gôche » qui nous ont régalé de leurs appréciations sur mon entretien au JDD. Il est vrai qu’aucun ne l’avait lu. J’en reste à une bonne vieille maxime : « Bien faire et laisser braire». Voilà pourquoi, en fin de note, je parle de la campagne que nous menons avec application, méthode et inventivité. Puis je vous dis un mot de ce blog et du coup de main que je vous demande.

Finalement c’est Martine Billard qui aura dit des mots d’hommage pour Danielle Mitterrand à l’Assemblée Nationale. Elle a profité d’une prise de parole en séance plénière pour dire ses mots et nous faire honneur. Les socialistes auraient pu profiter de la séance de questions au gouvernement pour le faire. Peut-être en interrogeant Fillon sur la question de l’accès à l’eau potable en France puisque c’était le dernier combat de Danielle. Non, ils avaient la tête ailleurs. Une femme à la mer ? Plouf ! On passe à l’ordre du jour. Au PS d’aujourd’hui votre trou dans l’eau se referme vite. Mais il est vrai que Danielle Mitterrand n’était pas membre du PS, même si elle y avait de très nombreux amis fidèles. Politiquement proche du Front de Gauche, elle vomissait les tièdes. La dernière fois que je l’ai rencontrée, c’était à Latché, en compagnie de Gabriel Amard, le militant des régies publiques de l’eau. Elle se fichait bien de savoir ce que les convenances dictaient. Elle nous instruisit avec méthode et application une heure et demie durant. C’était son style. Celui d’une militante et d’une autorité morale que nous lui reconnaissions tous. Elle a donc longuement défendu son thème de prédilection, la défense des biens communs de l’humanité comme l’eau. Sans oublier son sujet entre tous, la définition de ce qu’est la vraie richesse. Ce n’est pas celle que mesure l’argent, vous le devinez. Je vous dirais volontiers que pour elle c’était « l’Humain d’abord ». Mais si son combat nous englobait en effet, il nous dépassait aussi comme le tout dépasse la partie. C’était un modèle féminin de fidélité à soi, résistante toute sa vie, existant par elle-même nonobstant l’ombre immense du grand homme qu’elle accompagna toute son existence. Nous l’aimions.

Une bonne nouvelle. Elle vient d’ADS, Alternative Démocratie Socialisme, dont la figure la plus connue du grand public militant est celle de l’ancien ministre communiste Marcel Rigout. ADS a décidé de soutenir ma candidature à l’élection présidentielle. C’est un fait peu ordinaire concernant cette organisation qui n’avait soutenu aucun candidat en particulier au cours des précédentes élections présidentielles. Dans le Limousin, où cette organisation politique est influente, le rassemblement de l’autre gauche sur une candidature commune est donc pratiquement achevé. Reste bien sûr le NPA, unitaire dans cette région, qui soutient évidemment son candidat. Je publie donc le texte qui annonce cette décision. « Lors de son assemblée générale, ADS  a décidé d’apporter son soutien au candidat d’union du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon. Tout en gardant son originalité et fidèle à ses valeurs pour la construction d’une gauche forte, efficace et de transformation sociale, ADS entend ainsi appuyer une dynamique globale et être utile au rassemblement pour construire un projet alternatif susceptible de battre la droite. Il s’agit, plus que jamais, de répondre efficacement à l’attente de tous ceux qui souffrent des politiques d’austérité qui se mettent successivement en place. L’échec des politiques conduites au Royaume Uni, en Grèce, en Italie, en Espagne rejoint celui de la politique conduite en France par Nicolas Sarkozy. Dirigeants politiques et milieux financiers tentent au niveau européen de mettre en place une véritable machine de guerre contre les peuples afin de réduire à néant tous les droits et acquis sociaux. Il n’y a pas de fatalité. D’autres choix, d’autres ressources sont possibles…. en frappant à la bonne porte avec les bons outils. Pour les élections législatives qui suivront les présidentielles, ADS se prononce pour un soutien aux candidats présentés et soutenus par le Front de Gauche. »

De l’autre côté de la gauche, là où règne le PS c’est la pagnolade permanente. Avec de tels stratèges à la manœuvre, comme on l’a vu dans le cas de l’accord PS-Verts, avec de tels débatteurs comme on l’a vu avec Jack Lang face à Copé, avec un tel programme comme on l’a vu avec celui annoncé par Michel sapin au nom de François Hollande, on peut se demander si ces dirigeants socialistes ont réellement envie de gagner la prochaine élection. En une semaine, ils ont tué l’idée de rassemblement libre et enthousiaste à gauche, le goût du débat frontal et le moindre espoir de changement économique. Mais avec l’arroganceet le nombrilisme qui sont désormais leur marque de fabrique, les dirigeants socialistes sont déjà en train de pleurnicher que c’est de la faute des autres s’ils ne convainquent personne ! Avec de tels adversaires Nicolas Sarkozy est tranquille.

L’accord PS-Verts a provoqué un tremblement de terre chez les Verts. Eva Joly a un cran d’enfer. Non seulement parce qu’elle n’a pas accepté de renier ses convictions et déclarations. Mais surtout parce qu’elle n’a pas eu peur de le faire publiquement. Aussitôt la meute s’est déchaînée. Non seulement les pitbulls socialistes ont été lâchés mais les tireurs dans le dos se sont déployés. Record de perversité atteint par le pétulant Daniel Cohn-Bendit qui injurie tout le monde à la fois en exigeant d’Eva Joly qu’elle ne « fasse pas du Mélenchon, super Mélenchon ou du sous Mélenchon ». Puis la menue piétaille des écorcheurs s’est déployée. Selon l’inimitable tactique classique de la nomenclature socialiste, on envoie les clients devant. Les prochains députés du « prochain président » ont donc été priés d’aller défendre leurs prochaines picorées. Les socialistes n’ont eu qu’à attendre la fin de la battue qu’ont organisée ses propres « amis » pour tirer le gibier à découvert. Pourtant Joly ne cédera pas, je crois. Dorénavant elle est bien prévenue de ce que sont tous ces gens. Cet épisode est entièrement imputable à la méthode nombriliste et arrogante des dirigeants socialistes.

A moins qu’il s’agisse d’un sabotage délibéré. Car comment imaginer qu’un tel accord passe sans provoquer de dégâts ? Il n’y avait pas besoin d’être très grand politique pour le prévoir. Dès lors, le premier devoir de gens préoccupés de réussir n’était-il pas de lisser et border les plus grandes rugosités de l’opération au moins sur le plan humain ? Mais tous ces nomenclaturistes vivent dans le cynisme le plus complet. Pour eux, ce que disait Eva Joly n’était qu’une posture, juste un moyen de « faire monter les enchères » comme ils disent. Personne ne s’est donné le mal d’en tenir compte d’aucune façon. Ils comptaient sur ses « amis » pour la ramener à la raison, leur raison. Arrogance totale, mépris des gens, intimidation injurieuse, voila les nouvelles méthodes avec lesquelles se construit le « rassemblement » que veut « le prochain président ».

Dans tout cela elle n’a qu’un tort. Accepter d’aller dans la matinale de RTL avec Jean-Michel Aphatie. Un vrai traquenard, comme d’habitude. Celui-là n’était là une fois de plus que pour faire de la provocation et mettre son invité dans l’embarras. Avis aux amateurs ! Il a donc réussi à lui créer un problème qui n’existe pas pour elle ni pour aucune personne de gauche, à savoir : quel sera son vote au deuxième tour. Aphatie sait parfaitement quelle est la difficulté pour répondre à cette question. Il se garde bien de la poser à François Hollande ou à l’un de ses compères. Car celui qui répond est immédiatement placé dans la situation du perdant d’avance et qui le reconnaît. Pour Eva Joly ce matin-là, cela revenait à déclarer l’inutilité de sa candidature. Le rêve des repentis du PS du genre d’un Aphatie : un militant politique s’humiliant devant un « journaliste », le premier tour réduit à une comédie convenue, la gauche rabougrie sur la veille branche vermoulue du social-libéralisme et lui, pérorant et jubilant : « Est-ce que vous ne faites pas le jeu de la droite en maintenant votre candidature ? ».

C’est une affaire entendue : l’accord Verts-PS a soulevé de nombreux débats sur la toile entre les divers points de vue chez les adhérents de ces deux partis. Tout le monde analyse la signature de ce document comme une concession des Verts au PS. D’où notre surprise en découvrant l’interprétation de la situation que fait un grand titre du journal « le  Monde ». Pour lui , ce sont les écologistes qui ont réussi à « décrocher » les socialistes du nucléaire. Ce titre étonnant barre toute la page au-dessus d’un long papier consacré à cette mutation du PS. Si c’est le cas, alors il faut bien reconnaître que rien n’est plus curieux. Comment ! Il suffit de fermer les centrales en fin de vie qu’EDF a déjà décidé de fermer, de continuer à produire du carburant nucléaire recomposé et enfin decontinuer le chantier du réacteur le plus controversé pour « décrocher du nucléaire » ! Je ne le crois pas. Fermer 24 réacteur d’ici 2025, c’est suivre la pente d’âge des centrales. Cela n’implique d’ailleurs concrètement qu’une seule fermeture d’ici 2017, fin du prochain quinquennat, comme l’a déclaré Michel Sapin lui-même, le bras droit de François Hollande. Et en bout de course, dans quatorze ans, la moitié du parc nucléaire serait encore en activité. Cela n’a pas de sens. En ce qui concerne le nucléaire on ne peut pas couper la poire en deux. Ou bien le nucléaire est un problème ou bien il ne l’est pas. Et dans les deux cas, une fois la question tranchée il y a encore deux manières de répondre à la gestion de la situation qui correspond à ces choix. Une logique marchande et une logique publique. On imagine que tout cela sera traité dans la « loi-cadre sur la transition énergétique soumise à la discussion parlementaire avant l’été 2013 » que mentionne l’accord. Le tout précédé d’un « grand débat public ». Un débat public ? Mais alors si c’est un débat sérieux, et s’il y a une loi sur la transition énergétique, pourquoi ne pas le conclure par un vote de tous ? C’est-à-dire par un référendum ?

A mon avis Eva Joly va manger bon pour son insolence. On se souvient que c’est dans Le Monde qu’elle a prononcé une appréciation d’une exceptionnelle gravité. « Le Monde : « N’est-il pas normal, dans une démocratie qui fonctionne, qu’Areva fasse connaître son point de vue, et ce publiquement ? » Eva Joly : « Faire connaître un point de vue est une chose. S’immiscer dans la vie démocratique pour réécrire un paragraphe d’un accord entre partis en est une autre. Au moins, agissent-ils désormais à visage découvert. Pour moi, il y a là une arrogance qui témoigne d’un certain sentiment d’impunité. Que les commentateurs n’aient pas davantage été choqués en dit long sur l’accoutumance à ces mœurs délétères. Mesurons la gravité de ce qui s’est passé. Il pèse désormais sur les socialistes le soupçon d’être du bois dont on fait les marionnettes, et on ne me fera pas croire que c’est bon pour la politique. ». Après de telles paroles, on a vu les molosses « en bois dont on fait les marionnettes » se déchaîner. Mais le registre est resté étroit. Du Vichinsky première manière. Un procès politique baclé. Les dirigeants socialistes ont plus de mépris que de répartie.

C’est donc avec prudence que j’ose vous faire connaître une nouvelle qui pourrait vous intéresser en vue de la présidentielle. Si je dis « j’ose » c’est parce qu’il s’agit de François Hollande. Tout ce qui pourrait être vécu comme une critique du « prochain président », comme il s’est lui-même nommé à la une du journal « Libération », est, vous le savez, la preuve d’une « convergence avec le cabinet noir de Sarkozy et Marine Le Pen », ainsi que l’a très bien asséné Jack Lang. Ce qui suit est donc juste une information tirée d’une dépêche de l’agence Reuter. Elle nous permet de savoir de quelle faveur nous gratifiera notre « prochain président » en matière de finances publiques. Vous ne pouviez pas le savoir puisque malheureusement il n’a pas eu le temps d’en parler avant son investiture aux primaires. Ce sera merveilleux. Jugez-en vous-même en préparant votre bulletin de « vote utile ». François Hollande envisage, pour 2012 et 2013, les deux premières années de son « prochain » quinquennat, un « effort » de 50 milliards d’euros de redressement budgétaire. Cette coupe claire s’ajoute  aux saignées déjà réalisée par les plans d’austérité de Fillon. Elles ne seront donc pas remises en cause. François hollande approuvera donc rétrospectivement le moment venu la politique qui s’applique sous la droite et son cabinet noir. A quoi bon alors les critiquer ? Le but annoncé est de « réduire le déficit public à 3%, en 2013 a déclaré, à l’agence Reuters, Karine Berger. Cette personne est économiste, conseillère du prochain « prochain président bien aimé » comme dirait Jack Lang, ancien délégué spécial de Nicolas Sarkozy pour la Corée du Nord et actuel « représentant spécial » de François Hollande. Ne plaisantons pas. C’est du sérieux et le prochain président est déterminé. « Quand François Hollande dit 3% du PIB en 2013 et tendre vers zéro déficit à la fin de son quinquennat, c’est un élément intangible« , déclare son économiste.

Il y a aura donc un très grand changement avec le gouvernement actuel. Qu’on en juge : « Notre ligne est qu’il faut évidemment continuer un contrôle des dépenses extrêmement strict. » Comment ? « Pour ramener le déficit à 3%, l’évolution des dépenses sera fortement contrainte. » Fortement, vous avez bien lu. « Le nombre de fonctionnaires n’augmentera pas », donc toutes les suppressions de l’ère Sarkozy sont validées. « Les 60.000 emplois supplémentaires prévus dans l’Education Nationale étant compensés par des départs en retraite ailleurs. » Cela signifie donc soixante mille postes de moins dans le reste de la fonction publique. Une vraie révolution, comme dirait Jack Lang, également un temps délégué de Nicolas Sarkozy pour Cuba. « On fera tout pour conserver la note ‘triple A’ et si, par malheur, on devait la perdre, on s’engage à tout faire pour la rétablir« , a précisé l’économiste de François Hollande. Elle reproche donc au gouvernement d’avoir une austérité saccadée au lieu du bon coup sur la tête qui rassurerait les marchés : « Avoir deux plans d’austérité de moins de 10 milliards d’euros à deux mois d’intervalle n’est pas la bonne solution pour faire comprendre ce qu’on veut faire aux marchés financiers. » Voyons le détail.  Deux tiers du plan Hollande viendraient de mesures fiscales. Parmi elles l’annulation du « paquet fiscal » de 2007. Un tiers viendrait d’économies, la répartition définitive pouvant aller jusqu’à moitié-moitié, a précisé l’économiste. « On parle de 50 milliards« , a-t-elle déclaré. « L’accent sera mis sur le redressement des comptes de santé, avec un objectif de progression des dépenses d’assurance maladie nettement inférieur au 2,5% par an désormais prévu par le gouvernement, en mettant notamment les consultations médicales à contribution » précise Reuter. Pour prévenir un emballement des comptes sociaux, «  il y a aura des propositions fortes sur la façon de limiter l’évolution des dépenses de santé » a dit Karine Berger. Mais, bien sûr, comme c’est le gouvernement Hollande, ce sera « de manière socialement juste ». Evidemment !

Michel Sapin, l’homme du programme du prochain président, décrit la méthode générale du gouvernement Hollande: « Lorsque la gauche arrivera au pouvoir, ce ne sera pas pour donner pendant deux ans pour ensuite reprendre pendant trois ans ». « Cela peut être l’inverse : être extrêmement sérieux pendant deux ans pour pouvoir distribuer un peu plus pendant les trois ans qui suivront. » Fascinante, n’est-ce pas cette gauche-là. Non ? « Une fois le déficit ramené à 3% du PIB fin 2013, le PS mènera une politique de croissance et équilibrera les comptes publics d’ici 2017, consolidant la note « triple A » de la France auprès des agences de notation, ou permettant de la retrouver si elle est dégradée », a ajouté Karine Berger à Reuter. Vous êtes prévenu. Le vote utile est servi.

C’est certainement le plus pénible de ce qu’il faut subir dans une campagne nationale. L’injure. Celle à laquelle on ne peut répondre. La pire, l’insidieuse, celle qui ne dit pas son nom et cherche à passer pour de la bonne blague entre gens de bonne compagnie. Ainsi quand « les guignols de l’info », qui jusque-là me brocardaient sans méchanceté, me montrent en pochard qui s’enivre au bistrot. Révolutionnaire de comptoir, toujours entre deux vins, c’est la grande tradition des caricatures des journaux de droite de l’avant-guerre. Au début du mouvement ouvrier, les journaux de droite, c’est-à-dire tous les journaux, représentaient toujours l’ouvrier syndiqué comme un alcoolique paresseux et vociférant. Jaurès aussi, à son tour, était dessiné avec une bouteille de vin dans la poche par la presse qui le pourchassait. Comme je ne bois aucun alcool, c’est donc une invention davantage qu’une caricature. Mais c’est pour rire, bien sûr. Entre Le Pen et Mélenchon il faut savoir choisir son populisme. Même état d’esprit quand le journal « le Parisien », qui a fait depuis longtemps son choix entre Le Pen et moi, commente en direct le duel avec Copé. S’agissant de lui, « il s’amuse », il «plaisante ». Moi, dans ce compte-rendu, « j’éructe ». Ce mot signifie roter. Vous comprenez ? Moi, je rote mes arguments. C’est délicat, non ? Rien à voir avec mon style de brute pas vrai ? Protester ce serait une nouvelle fois « s’en prendre à la presse ». Il faut donc se taire. D’ailleurs, au premier mot de réplique la horde des conseillers spontanés en communication qui pullulent à gauche vous mettent en garde contre la « politique des petites phrases » et « l’agressivité ». Ainsi va toute cette société. Sous le fouet des injonctions comportementales des dominants chacun est poussé à être conforme. Nous passons donc à côté de gens qui mendient et couchent dehors mais nous ne faisons rien car « sinon on n’en finirait pas », nous nous faisons cracher au visage mais « il vaut mieux laisser dire, sinon on en finit plus ». Tous nos reflexes normaux, les plus humains et les plus sains, sont ainsi bridés, reformatés, défigurés par l’odieuse règle du jeu de cet ordre « globalitaire » qui enjoint en toute chose les comportements individuels qui le protège. La « force banale du mal », celle qui laisse passer les trains, est déjà à l’œuvre.

Ce qui m’amuse, par contre, ce sont les boucles d’informations bidons. Comme celle sur les « recadrages » que m’auraient fait subir mes « alliés du PCF ». Lesquels ne sont pas mes alliés puisque je suis leur candidat ce qui ne produit pas le même genre de rapport. Evidemment ce sont les communistes les premiers embarrassés. Le rôle de gardien des bonnes manières à l’égard du PS n’est pas un rôle très goûté au PCF. Qui choisirait cet habit serait bien mal vu. En toute hypothèse, qui me connait ou me devine sait de quelle portée seraient de tels « recadrages ». J’ai tenu tête à François Mitterrand et à Lionel Jospin. Lesquels ne se mêlèrent jamais de vouloir me recadrer. Donc depuis que cette « information » tourne, je ne manque pas de demander ici et là si quelqu’un à quelque chose à me dire. Personne !  La vérité est que la division au Front de Gauche donnerait un formidable point d’appui à nos adversaires. Il suffit de voir leur gourmandise et leur excitation dès que court une rumeur sur le thème. Martine Aubry a d’ailleurs été très claire en bureau national du PS en réponse à une question de Marie-Noëlle Lienemann qui s’inquiétait de la place du Front de Gauche dans la stratégie « unitaire »  du PS.  Elle a dit : « Le Front de Gauche et le PG, jamais. Mais ma porte est toujours ouverte au PC ». C’est clair. Leur rêve c’est le retour de la gauche plurielle et la domestication de toute la gauche sur le modèle du PRG et, dorénavant, des Verts. Au point d’un sectarisme sans bornes. Ainsi quand elle déclare que nous n’avons pas à « demander des circonscriptions » après avoir si mal parlé de François Hollande. Pour quelqu’un qui l’a traité de « gauche molle » et même « d’homme du système » cela ne manque pas de sel. Mais le plus fort est que nous n’avons jamais rien demandé. Les seules discussions commencées portaient sur les circonscriptions où la gauche serait menacée d’être expulsée par la droite et le Front National.  Même là, la discussion n’avait pas lieu d’être. Après quoi les chiens de garde viendront expliquer que je fais le jeu de l’extrême-droite.

J’ai évoqué dans une précédente note « les écoutes collectives » que le Parti de Gauche a décidé d’organiser à l’occasion de mes passages significatifs dans des émissions de télé. L’idée est de « s’approprier» une émission TV. Devenir « télé participant » plutôt que « télé spectateur ». La marche est moins haute pour passer du quant à soi à une discussion autour d’une télé que pour passer du chacun chez soi à un meeting. En résumé, il s’agit d’utiliser un outil de masse qui favorise l’implication citoyenne. Nous avions fait un premier brouillon centré en Ile-de-France à l’occasion de mon passage à « Parole Directe » sur TF1. Cette fois-ci la demande était partie en région. Le Parti de Gauche qui a initié cette action avait confié sa mise en place à Eric Coquerel, secrétaire national. Son rapport figure sur le site « Place au Peuple ». J’en reprends des extraits dans cette note. « Ces écoutes publiques, environ 80 au total, ont revêtu des formats très différents : plusieurs dizaines dans des appartements et domiciles et plus d’une trentaine répertoriée, plus ambitieuse, dans des salles publiques et des restaurants. Ces dernières ont regroupé chaque fois 30 à 70 personnes. Il s’agit d’un vrai succès si l’on veut bien considérer le jour et les lieux de ces buffets : quartiers populaires des grandes villes, petites et moyennes communes, des villages parfois. Aux côtés des militants du FDG, on remarque beaucoup de nouveaux venus n’appartenant à aucune des formations du Front de Gauche. Mais aussi la présence de militants des Verts et du PS venus, souvent du fait de la position du candidat socialiste et de l’accord PS/Europe-Ecologie Les Verts. Enfin la presse quotidienne régionale s’est quasiment à chaque fois déplacée. »

« Quelques exemples montrent la variété et la diversité des débats sur ses écoutes. A Aubenas (Ardèche), une trentaine de participants, plus une dizaine de clients habituels du Bar Le Panorama, ont suivi ensemble l’émission. Le débat général s’est poursuivi en petits groupes au gré des différentes tables du restaurant. A Ytrac dans le Cantal, autour du maire et candidat aux législatives et de Manuel Bompard, secrétaire national du Parti de Gauche, ils étaient 40. C’est beaucoup au regard du nombre d’habitants dans la petite ville. Le débat a porté sur le nucléaire, la rigueur, les salaires. Plus de 40 participants au lieu-dit « le Morlay » en Saône-et-Loire avec Christophe Ventura : des militants politiques (PG et PCF dont la secrétaire fédérale Nathalie Vermorel et le responsable de la section mâconnaise Noël Vouillon) mais aussi associatifs, notamment ATTAC, et syndicaux. A noter plusieurs militants des Verts, dont un membre du bureau départemental d’Europe Ecologie, déboussolés, pour ne pas dire plus, par l’accord entre leur parti et le PS. Les interrogations : comment mettre en place le smic à 1 700 euros, quelles propositions pour les TPE, PME et les artisans ? Au Mans ils étaient 70 personnes… Un mélange entre des inconnus non encartés et des militants PG et PCF plus habitués à se retrouver. La planification écologique, l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, les salaires et la consommation sont au centre des discussions, et les luttes avec la présence de Laurence Sauvage du Front des Luttes. Les animateurs du Front de Gauche avait choisi à Rennes d’organiser leur buffet-citoyen dans le quartier populaire de Maurepas. Sur 35 personnes réunies avec Catherine Jouanneau (SN PG) et François Rubion, on compte une vingtaine de têtes nouvelles non « encartées » ! Une réussite incontestable. Les échanges ont tourné autour des constats et analyses de la situation sociale et de ses causes, des propositions du programme du Front de Gauche. Pour finir, plusieurs ont dit qu’il voulait continuer à rendre présent le Front de Gauche dans ce quartier. A Reims se sont également attablés trente personnes dont des militants socialistes en rupture de ban. On y a beaucoup discuté des rapports avec le Parti Socialiste et son orientation. A Toulon, la cinquantaine de personnes présentes constitue « une réussite pour un dimanche » note Luc Léandri, conseiller régional Front de Gauche. « L’intervention de Jean-Luc Mélenchon a été suivie d’un débat de plus d’une heure et quart avec plus d’une vingtaine de personnes qui ont pris la parole. Un débat de qualité qui a abordé les principales questions : la redistribution des richesses, la planification écologique associée à la question énergétique et la relocalisation de l’activité, le rôle des médias, l’immigration comme chance pour le pays, la relance de l’activité par la consommation tout en refusant le consumérisme du système… Chacun a souhaité  renouveler ce type de manifestation en y associant plus de nos concitoyens ».

« A Auvers sur Oise, la commune où mourut Van Gogh, il y avait également une trentaine de personnes, militants PC, PG, GU et non-encartés du Front de Gauche autour de Jean-Michel Ruiz 1er fédéral du PCF, Alexis Zakarevitchv de Gauche Unitaire, Patrice Lavaud co-secrétaire du Parti de Gauche. En Ile-de-France, les écoutes publiques ont souvent été organisées volontairement à l’échelle des quartiers donc réduites en nombre de participants quitte à en faire plusieurs par ville. Exemple à Montreuil (93) où à côté d’une écoute en appartement organisée par des enseignants du Front de Gauche à destination de leurs collègues, une quinzaine de personnes étaient au Huit Bar pour un « apéro-discussion » qui a permis de retrouver des personnes pas vues depuis longtemps et désireuses de se réinvestir à l’occasion de la campagne. »

« A Paris, dans le 14ème arrondissement, ils étaient une quarantaine de personne dans une écoute publique animée par Leila Chaibi. Dans la salle, en plus des militants PG et PCF, on trouve des citoyens non-encartés. La discussion a beaucoup tourné sur les accords entre Europe Ecologie-Les Verts et le PS, l’impossibilité de faire un accord de gouvernement avec ceux qui appliqueront la rigueur de gauche, etc. Sur le nucléaire, la proposition de référendum a rencontré un large consensus. Dans le 20ème arrondissement, on comptait une trentaine de convives au café Lou Pascalou au cœur du quartier très populaire des Amandiers. Compte-tenu de la préparation très rapide, c’est jugé positif. D’autant que six seulement étaient des militants politiques ! Danielle Simonnet, conseillère de Paris, du Front de Gauche, anime un débat foisonnant : les mouvements des indignés en Espagne et à Wall street, l’enjeu d’une gauche radicale qui porte la révolution citoyenne pour sortir du non choix entre rigueur et sens à la rigueur, les médias, le référendum sur le nucléaire, la bataille pour l’inscription sur les listes électorales. »

Des nouvelles de la vie de ce blog. Nous approchons du million de visiteurs uniques différents qui sont venus une fois au moins sur ce blog depuis janvier dernier. Au total nous avons reçu ici plus de trois millions de visites. Le compteur signale entre dix et seize mille visiteurs quotidiens selon les jours. La nouveauté est que ces visiteurs se répandent sur toutes les entrées du blog et pas seulement ou uniquement vers la note du jour. La diffusion du « Petit Courrier » du blog poursuit sa progression. Nous en sommes au soixante-deuxième numéro, déjà. Je croyais que nous avions quarante mille inscrits ! Erreur. Il n’y en avait que trente mille quand j’ai lancé mon appel. Nous venons d’atteindre les quarante deux mille destinataires. Pour arriver à cent mille fin décembre comme je l’espérais, la marche est vraiment très haute. Le webmestre pense que c’est possible. On va voir comment vous rendez ça possible ou non. N’empêche que ce « Petit courrier » se métamorphose petit à petit ! L’objet prend progressivement de l’autonomie par rapport au blog lui-même en contenant des informations spécifiques tel que l’argumentaire de la semaine. Avec l’insertion de documents prêts à reproduire et donc « mis en page », il prendra même un petit air d’outil d’agitation-propagande. En fait ce sera le plus souvent des mises en page d’entretiens de presse. Ceux-ci sont en effet souvent un gros travail pour le ou la  journaliste qui l’a réalisé, et pour moi aussi qui l’ai préparé et dont j’ai toujours validé la forme. On peut facilement faire un tirage papier de ces documents et les donner ici ou là. On peut aussi faire un mini tirage papier, entre cinq et dix ou vingt exemplaires, et les distribuer dans tout ou partie de la rangée de boites aux lettres de sa cage d’escalier. Ce système de la diffusion « diffuse », par micro zone, est un exercice extrêmement performant. Je l’ai moi-même testé il y a plusieurs années. Je suis donc très demandeur d’un coup de main pour élargir la diffusion de ce « Petit Courrier » d’où partira la fourniture de matériel à reproduire soi-même. Les listes de diffusion, les carnets d’adresses sont donc sollicités. Encore une sollicitation. Il s’agit des photos qui illustrent ce blog. Comme vous le savez nous avons ouvert un compte de réception pour les clichés que veulent bien nous proposer nos amis lecteurs dont nombre sont des amateurs très avancés. La diversité des thèmes qu’abordent leurs photos est un enchantement. Mais à présent je me décide à orienter mes demandes pour tenir compte de mes thèmes de campagne. Je souhaite donc recevoir des images d’ouvriers et ouvrières, de machines, de gens au travail, de gestes de travail. Et bien sûr tout ce qui montre « le peuple » en marche, en action. Mon objectif est de rendre « visible » les invisibles. Et d’esthétiser leur image. On comprend donc qu’il ne s’agit pas seulement de montrer le travail mais de faire sentir qu’il est une œuvre. Donc pas de misérabilisme ici, ni de compassionnel. Juste la beauté de la dignité. Au moins sur ce blog.

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