Pas de panique ! C’est une crise systémique…

Pas de panique ! Il ne faut surtout pas affoler les marchés, il paraît que c’est « juste » une crise systémique…

Il faut dire que depuis 2008 tout fout le camp. Le glorieux système capitaliste prend systémiquement l’eau de tous les côtés. Tous les indices le confirment : le chômage augmente, le nombre de pauvres explose, la situation des travailleurs se dégrade, les fonctionnaires l’ont dans l’os, les banques sont au bord du gouffre, et les Etats sur la paille… Mais le nombre de millionnaires ne cesse d’augmenter ! Ce n’est pas la crise pour tout le monde.

Que s’est-il passé ? Il y a eu, en réalité, deux crises.

La première crise, de 2008, était assez banale. Les banques ont prêté des sommes avec des intérêts que les emprunteurs ne pouvaient pas rembourser. Elles se disaient : ça va passer, car c’est pour acheter de l’immobilier, la valeur du bien va augmenter, et ça couvrira le capital et les intérêts. Elles spéculaient, quoi. C’étaient les fameux subprimes. Arrive alors le Krach : l’immobilier commence à baisser, les prêts ne peuvent pas être remboursés, la valeur du bien ne suffit pas à couvrir le prêt, et les titres endossés sur les prêts ne valent donc plus grand-chose… Mais qui les détient ces titres ? Personne ne sait, car on les a découpés et revendus, en spéculant à nouveau dessus. Du coup, tout le monde se méfie de tout le monde, les banques ne se prêtent plus entre elles, car chacune craint que l’autre tombe, plombée par les subprimes. Pour le coup tout le monde tombe en bourse. La banque Lehmann Brothers fait faillite. Le système financier s’écroule.

Les Etats avaient alors deux possibilités. La première : garantir les épargnants et les entreprises pour sauver l’économie, et laisser les financiers se noyer dans leur cupidité. La seconde : sauver les financiers avec l’argent des contribuables, en leur laissant, à eux, le soin de financer l’économie. On a fait le choix de sauver la finance sur notre dos (pour toutes les banques, y compris la banque des collectivités locales, Dexia, qui croulait sous les subprimes). On voit aujourd’hui le résultat : la deuxième crise !

Cette nouvelle crise est plus originale. Les banques, renflouées par les contribuables (c’est-à-dire par les travailleurs et les consommateurs, via la TVA), ont utilisé ce pognon pour spéculer sur les marchés financiers. Profits géants d’après crise et champagne pour les traders (y compris chez Dexia). Prises dans la logique boursière, les entreprises ont licencié pour augmenter les marges : le chômage a augmenté, la croissance a baissé, et l’Etat a vu ses recettes fondre et les dépenses augmenter.

Après avoir été saignées pour sauver les banques, en somme, les finances publiques ont été ultérieurement affaiblies par la récession provoquée par ces mêmes banques. Du coup, les financiers ont fait le raisonnement suivant : les Etats sont fauchés à cause de nous ; s’ils sont fauchés, alors il est risqué de leur prêter de l’agent ; puisque l’Etat est devenu un emprunteur risqué, il doit payer plus d’intérêts sur l’argent qu’on lui prête… Les financiers, en somme, ont commencé à spéculer sur les dettes d’Etat, en provoquant l’augmentation de leurs taux d’emprunt. Du coup les Etats ont dû payer encore plus au moment même où ils étaient plus faibles. Ils ont donc dépensé moins dans leur économie, pour payer plus les banques. Résultat : nouveau frein à la croissance, donc baisse des rentrées fiscales, et explosion ultérieure du coût de la dette. Résultat : la Grèce se retrouve au bord du gouffre, et la « crise de la dette » se propage. Mais du coup, les banques qui, à l’instar de Dexia, ont prêté aux Etats, sont elles-mêmes menacées, puisque les Etats pourraient ne pas les rembourser… Nouvelle crise de confiance, et tout le monde replonge. C’est « systémique », paraît-il, mais il suffit donc de changer de système (suivez ma faucille…) !

Et pourtant, au lieu de changer de système, ceux qui nous ont foutu dedans, les financiers et les agences de notation, disent : pas de taxation, austérité et règle d’or. Ils veulent, en somme, nous achever, car cela conduira à moins de croissance, plus de chômage, moins de recettes, et encore plus de dette !

Et pour les banques en difficulté, comment qu’on fait ? « Comme avant » disent-ils, sauf que les Etats ne peuvent plus payer. On demande donc à la Caisse des dépôts et consignations et à la Banque postale (c’est-à-dire à Mézigue et aux camarades de la Section, nom d’une révolution, car c’est notre pognon, la Poste !) de casquer pour Dexia : rien que ça !

Au lieu de taxer les transactions financières pour freiner la spéculation, au lieu de sauver les dépôts en laissant couler les traders, au lieu de nationaliser le secteur financier véreux, on met en danger ce qui reste d’épargne populaire pour épaissir le bas de laine des spéculateurs qui, après la première crise, ont déjà flambé le pognon public au lieu de faire repartir l’économie ! Quand je vous dis que j’ai la Kalash qui gratte…

Glop Lerouge

Secrétaire de la Section humoristique et satirique du PCF

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