École Moyens en régression, manifestation à reculons (Le Pays 13/04/11)

 

Pas facile de marcher à reculons. Ils l’ont fait hier soir à Montbéliard en chantant sous les fenêtres du sous-préfet « on lâche rien pour nos gamins ». Photo Françoise Jeanparis

« Je compte sur vous pour brailler le plus fort possible. Il faut qu’il entende là-haut ce que dit la rue », lâche Nadia Barznica, la prêcheuse de la FSU juchée sur la pierre à poissons hier soir à Montbéliard. Plus de 120 personnes ont manifesté à reculons jusqu’aux fenêtres de la maison de l’État.

Pourquoi à reculons ? « Parce que le service public d’éducation régresse dans son offre de moyens avec moins d’enseignants », assène Nadia Barznica.

On va faire du boucan

Un petit bout de femme énergique, les épaules drapées dans un étendard de la FSU, qui, depuis des mois foule les sentiers de la contestation pour dénoncer « la casse de l’école. Oui on marche ce mardi à reculons car on veut inverser la tendance. C’est symbolique mais lourd de sens. Et on va faire du boucan sous les fenêtres du sous-préfet pour qu’il entende qu’on ne lâchera rien ». À l’appel des syndicats enseignants SNUipp-FSU, Sud éducation, de la CGT, du PCF, du PS et du NPA, ils sont environ 120 à fouler le pavé d’un pas toujours bien assuré -pas facile d’avancer à reculons de la Pierre à poissons (lieu hautement symbolique où Farel prêcha la réforme en 1524 !) jusqu’à la sous-préfecture. Clotilde, 3 mois, est la plus jeune de la manif ! À reculons en chantant « on lâche rien pour les gamins ». Une ritournelle à l’attention « exclusive » du sous-préfet, représentant du gouvernement « qui applique le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ». Dans le premier degré, 35 postes seront supprimés à la rentrée prochaine. Début mai, un CDEN (Conseil départemental de l’éducation nationale) entérinera les décisions de fermeture. « Le député UMP Marcel Bonnot est intervenu auprès du recteur pour le maintien du RPI (regroupement pédagogique) de Vaufrey. Tant mieux pour le RPI. Maintenant, on réclame un nouveau CTP (conseil technique paritaire) pour mettre tout à plat car on estime qu’il n’y a pas équité de traitement pour les écoles du Doubs. Il y a des décisions électoralistes, non pas démocratiques. Scandaleux », se fâche Nadia Barznica. Globalement, les enseignants en ont ras la casquette. « On était au rectorat mercredi dernier. Lundi on a occupé l’inspection académique pendant quatre heures. On n’a rien obtenu. Enfin si, les CRS, remarque Laurent Boucard, enseignant à Bethoncourt dont un message collé au veston annonce la couleur : « 91 000 postes supprimés dans l’EN de 2008 à 2012 ». Son école n’est pas menacée par des suppressions de poste. « Ça ne nous empêche pas de nous mobiliser pour celles qui sont en danger. Les enseignants sont entre défaitisme et radicalisation. Soit les gens baissent les bras, soit ils occupent à 500 le rectorat ». Moins de profs, davantage de gamins dans les classes « et une école de la république, pilier fondamental, qui part à vau-l’eau, des enfants de 2 ans qui restent sur le carreau, des RASED qu’on prive de moyens pour aider les élèves en difficulté ».

le 13/04/2011 à 00:00 par Françoise Jeanparis

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