Lionel Manière et sa suppléante Anne-Marie Audouze, sont candidats sur la 3 e circonscription qui va de Baume-les-Dames à Bethoncourt, en passant par Montbéliard. Photo Lionel Vadam

Lionel Manière et sa suppléante Anne-Marie Audouze, sont candidats sur la 3 e circonscription qui va de Baume-les-Dames à Bethoncourt, en passant par Montbéliard. Photo Lionel Vadam

« Un député Front de Gauche, c’est nécessaire ». Voilà le slogan de Lionel Manière, suppléé par Anne-Marie Audouze, candidats aux élections législatives sur la 3 e circonscription du Doubs.

Pour Lionel Manière, candidat aux élections législatives, sur la 3 e circonscription du Doubs, le Front de Gauche a « joué un rôle de tout premier poids lors de la Présidentielle qui a permis de tourner la page sur cinq années de Sarkozy. Par le résultat du premier tour, nous sommes la force politique qui a le plus progressé ». Et l’élu municipal montbéliardais de préciser : « Notre ambition est d’être en tête de la Gauche le soir du 10 juin, pour battre la droite le 17 juin. C’est pour cette raison que notre slogan de campagne sera « Un député Front de Gauche, c’est nécessaire ». »

Épaulé par Anne-Marie Audouze, une « ancienne du Parti Socialiste, déçue », qui veut retrouver aujourd’hui « des valeurs, notamment celle d’être à l’écoute du peuple », Lionel Manière a comme ambition « d’être résolument aux côtés de tous ceux qui souffrent aujourd’hui dans le pays de Montbéliard et, plus largement, dans tout le nord Franche-Comté ». D’où leur proposition de relever tout de suite le SMIC à 1 700 euros brut. Localement, le partisan du Front de Gauche souhaite s’attaquer à l’épineuse question du devenir de l’hôpital de Montbéliard. « Il y aura un site médian, mais nous voulons nous battre pour conserver un service minimum de soins à Montbéliard. Notre priorité, c’est la proximité ». Idem pour les bureaux de poste menacés dans les communes rurales. Lire la suite »

Chantal Adami (Front de gauche) candidate dans la 4 e circonscription du Doubs et Fabienne Finck (NPA), remplaçante. Photo Patricia Louis

Chantal Adami (Front de gauche) candidate dans la 4 e circonscription du Doubs et Fabienne Finck (NPA), remplaçante. Photo Patricia Louis

Une première : le NPA (Nouveau parti anticapitaliste) sort de son isolationnisme pour s’allier au Front de gauche lors des législatives dans la 4 e circonscription du Doubs.

Fabienne Finck (NPA) sera la remplaçante de Chantal Adami (Front de gauche). Un changement de stratégie de la part du NPA. Aux dernières cantonales, les deux partis avaient trouvé un point d’accord pour éviter de se concurrencer. Cette fois, ils vont plus loin.

« Il faut en finir avec l’idée que tout seul on a raison. Nous avons essayé de voir ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous sépare. La discussion a démarré avant la présidentielle », explique Fabienne Finck.

Militants du NPA et du Front de gauche se côtoient déjà sur le front des luttes sociales, alors l’union n’était pas un pas infranchissable. Les déclarations de Jean-Luc Mélenchon précisant qu’il n’était pas question, en cas de victoire de la gauche, d’entrer dans un gouvernement socialiste, ont fait tomber les dernières résistances. « Nous ne sommes pas antiunitaires par principe », ajoute Colette Faivre du NPA. Lire la suite »

Front de Gauche et NPA parlent d’une même voix. Photo Francis REINOSO

C’est une première. Le NPA (nouveau parti anticapitaliste) et le Front de gauche feront campagne ensemble pour les législatives sur la 4 e circonscription du Doubs. Chantal Adami (Front de gauche) sera candidate titulaire et Fabienne Finck (NPA) sera candidate suppléante.

Ce mouvement de regroupement s’étend à la 5 e circonscription où Claude Faivre (NPA) sera candidat titulaire et aura comme suppléante une candidate issue du mouvement des Alternatifs, un parti du Front de Gauche.

Alors qu’aucun accord de rassemblement n’a été trouvé pour les présidentielles, l’unité est donc désormais clairement affichée entre les deux partis. Le but ? Porter « une véritable dynamique de gauche » dans l’optique du scrutin de juin prochain. « Nous ne sommes pas antiunitaires par principe », explique Fabienne Finck. « On l’est quand on n’arrive pas à se mettre d’accord. Or nous avons des vues qui se rapprochent sur de nombreux points. Aujourd’hui, il faut voir ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous divise ». Lire la suite »

Une poussée exceptionnelle

Posted: 28 avril 2012 in Uncategorized

Paris_28

Il ne faut pas additionner des choux et des carottes… Et pourtant les commentateurs comparent les voix obtenues dimanche par Jean-Luc Mélenchon avec des sondages. « Alors déçus ? » entonnent-ils en chœur. Mais ce sont les sondeurs qui devraient s’expliquer sur cet écart ! Il faut rapporter une élection à une autre élection. Le score du Front de Gauche marque une progression fulgurante par rapport à la dernière élection nationale, les européennes. 3 millions de voix en plus et un pourcentage presque doublé. Qui dit mieux ? Personne !

Cette poussée du Front de Gauche change le paysage. Elle met la gauche à un niveau très élevé. Elle a de toute évidence contribué à contenir l’abstention, qui reste dans la moyenne basse des élections présidentielles. Elle contrebalance la poussée du FN qui réussit à prendre un nouvel ascendant à droite en retrouvant les voix qui s’étaient portées sur Nicolas Sarkozy en 2007. Bien sûr nous n’avons pas encore atteint notre objectif qui est d’être majoritaire. Mais le combat politique ne se mène pas en une élection. Il y en aura d’autres ! Sans tarder puisque dans quelques semaines seulement se tiendront les législatives. La question qui vaut est de savoir si nous sortons affaiblis ou renforcés de ce rendez-vous électoral. Lire la suite »

Extrait de la dernière note de JLM

Si l’on revient au champ général de l’observation, avant l’action, il faut étudier les résultats électoraux. Pour avancer de façon conquérante, il faut avoir une vision lucide du résultat global en ce qui concerne le rapport de force entre la droite et la gauche dans le pays. Il s’agit de se guider dans l’action en étant lucide sur nos chances, et donc de pouvoir saisir à point nos occasions d’agir. Je suis bien conscient du fait que cet indicateur ne dit pas tout, loin de là, s’il s’agit de compter ceux qui acceptent le système et ceux qui le rejettent. Si l’on met bout à bout tous ceux qui le rejettent, même quand leurs raisons sont diamétralement opposées, on peut dire que le régime actuel repose sur une tête d’épingle sociale. C’est bien là le cœur de la crise de régime qui mine tout l’ordre en place. Mais la connaissance du rapport de force électoral doit être faite en ayant en tête la comptabilité de tout ce qui nous aider à atteindre nos objectifs. S’il s’agit de chasser Sarkozy, il faut additionner d’un côté tous les bulletins de vote de la gauche politique, de l’autre tous ceux de la droite. Et voir les évolutions pour comprendre les dynamiques en cours. Cela s’apprécie par comparaison. Voyons.

Si l’on totalise les voix de toutes les droites, il faut constater qu’elles sont en recul. En 2007, les votes pour Le Pen, Mégret et Nihous ajoutés à ceux de Sarkozy et Bayrou, cela faisait 23 342 364 suffrages. En 2012 les mêmes catégories recueillent 19 550 966. C’est 16 % de moins. Et de notre côté ? En 2007 le total des voix pour Schivardi, Besancenot, Laguiller, Buffet, Voynet, Bové, Royal faisait 13 377 032. En 2012 cela fait : 15 701 071. Une progression de 17%. Et l’autre gauche ? Il faut bien sûr tenir compte du fait que le Front de Gauche n’a pas été assimilé seulement à l’extrême-gauche. Mais la comparaison peut-être faite puisqu’elle m’a été sans cesse opposée pour minorer toutes nos réussites. En 2007, Besancenot, Schivardi, Laguiller et Marie-George Buffet recueillaient 3 300 254 suffrages. Cette fois ci en 2012, Poutou, Arthaud et moi nous recueillons 4 599 038. Nous progressons donc de 39 %. De ces quelques chiffres que conclure ? Je vois que les deux camps se radicalisent. Le processus est très largement engagé à droite. Au point que madame Le Pen est à deux doigts de parvenir à réorganiser le camp de la droite autour d’elle. C’est son objectif avoué et annoncé. En toute hypothèse, sa victoire idéologique sur son camp est faite. Sarkozy parle comme elle. La presse de droite suit le goût de sa clientèle et l’amplifie en agissant de cette façon. Elle a commencé, elle aussi, son extrême-droitisation. C’est ce que montre par exemple, de façon spectaculaire, l’évolution de « L’ Express » où la ligne éditoriale de type « Minute » s’accompagne de recrutements dans cette mouvance idéologique. Si je l’évoque ce n’est pas seulement parce que j’ai eu à en connaître du fait de l’acharnement aveuglé dont j’ai été poursuivi par ce journal. Mais parce que cela me semble être la pente prise par une partie des élites de la pensée de droite. La digue républicaine a cédé sur de larges pans de la droite mondaine. C’est un très mauvais signe quand on se souvient du passé calamiteux des expériences de ce type. Les Drieu La Rochelle commencent par être des « Christophe Barbier » avant de devenir des Brasillach. Rien ne sert de se cacher, par respect de je ne sais quelles bonnes manières, la pente prise par les événements, ni la difficulté vers laquelle nous allons. Lire la suite »

 

Après l’élection, non à l’effacement du nouveau paysage politique

François Delapierre, directeur de la campagne du Front de gauche, a tenu ce matin au siège de campagne une réunion avec la presse. Voici le compte-rendu de cette rencontre. Par François Delapierre.

Non à l’effacement du résultat
Depuis dimanche, c’est « l’ardoise magique » : le score du Front de Gauche est régulièrement passé sous silence ou évoqué comme un « échec ». Pour étayer cette opinion, les principaux médias comparent le résultat de l’élection à des sondages. C’est le monde à l’envers : les sondeurs cherchent à faire passer leur erreur pour notre échec. Tout est bon pour défendre le système médiatico-sondagier ! Pour notre part, nous ne comparons les résultats qu’aux résultats d’autres élections. Nous refusons de comparer notre score à des sondages que l’on a toujours critiqué et qui se sont trompés sur toute la ligne.

Quant aux objectifs non-atteints, la myopie des commentateurs n’a d’égal que leur mauvaise foi. Le Front de Gauche a atteint son premier objectif : réaliser un score à deux chiffres (11,11%).

Par contre, aucun commentateur n’évoque l’échec de Marine Le Pen. Elle n’atteint pourtant aucun de ces objectifs. Il y a un an, elle était donnée en tête au 1er tour avec 24% par un sondage. Et il y a encore quelques jours, elle affirmait elle-même qu’elle serait au second tour et obtiendrait plus de 20% des suffrages. Il n’en est rien. Elle n’a atteint aucun de ces deux objectifs.

L’effacement de cette réalité n’a qu’un but : mettre Le Pen au centre du jeu après l’élection comme avant et faire disparaître du débat la question du partage des richesses.

La réalité du résultat : une force politique nouvelle est née
Pourtant la réalité est bien différente. Le Front de gauche effectue une percée. Par rapport aux élections européennes, il gagne 3 millions de voix et réalise près du double de son score. C’est la première fois depuis 1981 qu’un deuxième candidat de gauche dépasse les 10% au premier tour de la présidentielle.

Une force politique nouvelle est née. C’est ce que montre l’analyse des résultats. La dynamique du Front de Gauche est nationale et son score particulièrement homogène sur tout le territoire (aucun département en dessous de 7%, 70 départements au-dessus de 10%). Lire la suite »

Premières remarques sur le premier tour

L’historien Roger Martelli analyse pour regards.fr les résultats de ce premier tour des élections présidentielles.

L’abstention
Globalement (19 %), elle est dans ses basses eaux, supérieure au taux exceptionnel de 2007 (16,2 %), nettement inférieure à celui de 2002 (28,4 %), au niveau des abstentions des années 1980. La hiérarchie territoriale est sans surprise : à l’exception de la Corse, les plus forts taux correspondent à la vieille France industrielle et urbaine ; les régions de moindre urbanité et de dynamisme démographique et économique enregistrent au contraire des taux plus faibles. En fait, l’abstention est particulièrement concentrée : dix départements seulement sont au-dessus de la moyenne nationale, dont six dans la région parisienne.

La droite
Avec 56,4 % des voix, la droite (Modem inclus) obtient son plus mauvais score depuis 1988 (50,8 %). L’effondrement de Nicolas Sarkozy par rapport à 2007 (de 31,2 % à 27 %), ajouté à l’effondrement de François Bayrou (de 18,6 % à 9 %), n’est pas compensé par l’avancée de Marine Le Pen (de 13,5 % à 18 %). En droitisant son discours, Nicolas Sarkozy n’a pas réussi son opération de 2007 : cette fois, il n’a pas pu contenir la poussée de l’extrême droite et il a fait fuir une part de l’électorat centriste que François Bayrou n’est pas parvenu à agréger cette fois. Marine Le Pen a réussi pour l’essentiel son pari : elle fait un peu mieux que son père en 2002 (17,9 % contre 16,9 % sur l’ensemble du territoire national). Elle est au-dessus de la moyenne dans 12 régions et 54 départements. Ses scores départementaux vont de 27 % dans le Vaucluse à 6,2 % à Paris. Deux départements seulement (Hauts-de-Seine et Paris) la laissent au-dessous du seuil des 10 %. Le littoral méditerranéen et l’Est (auxquels s’ajoute désormais la Corse) donnent ses points forts à l’implantation frontiste, prolongeant la nationalisation amorcée dans la décennie précédente. Le ressentiment, qui est depuis toujours le ressort premier de la droite extrême, continue de se nourrir du désarroi des classes populaires et des couches dites moyennes.

Hollande et Joly
Avec un total de 43,6 %, la gauche se trouve à ses plus hautes eaux depuis 1995 (40,6 %). Mais elle reste au-dessous de ses scores des années 1970-1980 (46 % en 1974, 46,8 % en 1981, 45,2 % en 1988). Pour l’instant elle bénéficie avant tout de la division profonde de la droite française, que seule la dynamique « libérale-populiste » de Sarkozy avait pu surmonter en 2007. François Hollande obtient le meilleur score d’un candidat socialiste depuis François Mitterrand (34,4 % en 1988). En prenant le pas sur le Président sortant, il se place en position très favorable pour le second tour, d’autant plus que la droitisation encore accentuée de la campagne de Nicolas Sarkozy risque d’accentuer le désarroi à droite, sans convaincre pour autant la totalité de la famille d’extrême droite. L’électorat socialiste du premier tour est bien réparti sur tout le territoire national : il est au-dessus de sa moyenne nationale dans 9 régions et 43 départements. Le vote Hollande continue de s’appuyer sur les espaces de force ancienne du socialisme français (Nord, Sud-Ouest, Massif central) et sur les terres plus récentes de l’Ouest.Eva Joly n’a pas réussi son pari. En désignant une candidate de la « société civile » et en l’appuyant sur la dynamique d’une nouvelle structure (EE-LV), les écologistes pensaient marquer la campagne électorale comme ils n’avaient jamais su le faire jusqu’alors. Mais ils ont sous-estimé les caractéristiques de l’élection présidentielle. En mettant l’accent sur les législatives suivantes et en faisant le choix d’un accord électoral a minima avec le PS, ils ont brouillé leur image. D’un côté, un parti comme les autres, force d’appoint pour des majorités dominées par les socialistes ; de l’autre côté une candidate, plutôt portée par la gauche des Verts et oscillant entre le discours écologiste et l’affirmation d’une radicalité cette fois bien monopolisée par la dynamique Mélenchon. En 2002, Noël Mamère avait su incarner une certaine radicalité positive ; en 2007, Dominique Voynet n’avait pas pu promouvoir efficacement une voie écologiste indépendante et audible. Au final, malgré une campagne honnête et courageuse, Eva Joly ne mord ni sur les couches à la recherche de novation, ni sur les franges radicales ; elle se trouve ainsi plus près de 2007 que de 2002. Lire la suite »